MOANDA: AU QUARTIER OASIS, LES EAUX USÉES D’UN LAVAGE AUTOMOBILE COULENT SOUS LE REGARD INDIFFÉRENT DES AUTORITÉS

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À Moanda, dans le sud-est du Gabon, certaines scènes du quotidien interrogent sur l’efficacité des mécanismes de contrôle en matière d’assainissement urbain. Au quartier Oasis, un lavage de véhicules déverse depuis longtemps ses eaux usées directement sur la voie publique, sans que cette situation ne semble véritablement émouvoir les autorités compétentes.
La scène est devenue presque habituelle pour les habitants du quartier Oasis. À proximité de la chaussée, les eaux issues du lavage des véhicules s’écoulent librement, formant des flaques qui occupent progressivement l’espace public. Une pratique qui, au-delà de son aspect inesthétique, pose de sérieuses questions sur les risques environnementaux et sanitaires qu’elle pourrait engendrer.
Dans une ville comme Moanda, réputée pour son activité économique et minière, cette situation apparaît comme un paradoxe. Alors que les discours officiels insistent régulièrement sur la nécessité d’améliorer le cadre de vie des populations et de préserver l’environnement, certains comportements semblent encore échapper à tout contrôle.
L’activité de lavage automobile, en elle-même, n’est évidemment pas remise en cause. Elle participe à la dynamique économique locale et permet à de nombreux opérateurs de vivre de leur travail. Mais elle doit impérativement s’exercer dans le respect des règles d’hygiène, d’assainissement et de protection de l’environnement.
Or, dans le cas du quartier Oasis, le problème réside précisément dans l’absence apparente de dispositif permettant de récupérer ou de traiter les eaux issues de cette activité. Ces rejets, qui peuvent contenir des résidus d’huiles, de carburants ou de produits chimiques utilisés pour le nettoyage des véhicules, se retrouvent directement sur la route et dans l’environnement immédiat.
Face à cette situation qui semble perdurer dans le temps, une interrogation s’impose : la municipalité de Moanda est-elle réellement informée de ce qui se passe au quartier Oasis ?
Et si tel est le cas, pourquoi aucune mesure visible n’a-t-elle encore été prise pour contraindre cet opérateur économique à se conformer aux exigences minimales en matière d’assainissement ?
La mairie, à travers ses services techniques, a pourtant la responsabilité de veiller à la salubrité publique et au respect des règles qui encadrent les activités commerciales installées dans les quartiers. Son silence face à une situation aussi visible pourrait être interprété par certains habitants comme une forme de tolérance, voire d’impuissance.
La question n’est pas de s’opposer à l’activité économique, mais de rappeler que le développement local ne peut se faire au détriment du cadre de vie des citoyens.
Le cas du quartier Oasis soulève finalement une question plus large : les autorités locales disposent-elles encore des moyens nécessaires pour faire respecter les règles lorsque certains opérateurs occupent durablement l’espace public ?
Car laisser une telle situation s’installer dans la durée revient à envoyer un message préoccupant : celui d’une ville où chacun pourrait agir à sa convenance, au mépris des normes collectives.
Moanda mérite pourtant mieux. Une ville qui ambitionne de se moderniser ne peut fermer les yeux sur des pratiques qui dégradent progressivement son environnement.
Il appartient désormais aux responsables municipaux de se saisir de cette question et de rappeler que l’activité économique, aussi importante soit-elle, ne doit jamais se faire au détriment de l’intérêt général.
Au quartier Oasis, les eaux continuent de couler. Reste à savoir combien de temps encore les autorités regarderont cette pollution quotidienne sans réagir.

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