DÉVELOPPEMENT HUMAIN: LE GABON EN TÊTE DE L’AFRIQUE CENTRALE, AVEC LA JEUNESSE COMME PARI STRATÉGIQUE

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Le Gabon consolide sa position de pays le plus avancé d’Afrique centrale en matière de développement humain. Selon le rapport 2026 sur l’Indice de développement humain (IDH), publié vendredi 3 juillet à Libreville par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le pays se hisse au 108e rang mondial sur 193 États, confirmant sa première place dans sa sous-région.
La publication de ce rapport, la première depuis vingt ans, a donné lieu à une cérémonie officielle présidée par le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, en présence du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, de la représentante résidente du PNUD au Gabon, Rokya Ye-Dieng, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement et invités institutionnels.
Placée sous le thème « Jeunesse, employabilité, entrepreneuriat et développement humain au Gabon », cette édition 2026 entend dresser un état des lieux, mais aussi proposer une feuille de route. Le constat général est favorable : le pays enregistre des progrès notables sur plusieurs indicateurs sociaux, signe que les investissements consentis au cours des dernières années commencent à produire des effets tangibles sur les conditions de vie des populations.
Le rapport met notamment en avant une hausse de 5,4 années de l’espérance de vie ainsi qu’un gain de 5,2 années de scolarisation moyenne sur la période étudiée. « Ces évolutions témoignent des efforts engagés par le gouvernement et ses partenaires pour renforcer l’accès aux services sociaux essentiels », souligne le document. Des avancées qui confortent l’idée d’un redressement progressif du capital humain gabonais, longtemps pénalisé par des inégalités persistantes et une forte dépendance à la rente pétrolière.
Mais le rapport va au-delà du bilan statistique. Il formule un choix stratégique clair : faire de la jeunesse, de l’employabilité et de l’entrepreneuriat les leviers centraux de la transformation économique et sociale du pays. Dans un contexte marqué par l’urbanisation rapide, la transition démographique et l’essoufflement du modèle rentier, le Gabon est appelé à repenser la conversion de sa richesse nationale. Il ne s’agit plus seulement de redistribuer les fruits de la rente, mais de créer les conditions d’une insertion durable des jeunes et des femmes dans l’économie.
Autre inflexion majeure : la volonté de sortir d’une logique trop fortement centrée sur Libreville. Le rapport plaide pour une diversification économique ancrée dans les provinces, fondée sur la valorisation des atouts propres à chaque bassin de production. Cette territorialisation du développement s’articule autour de cinq orientations : la réforme de la formation, une meilleure intermédiation sur le marché du travail, le passage d’un entrepreneuriat de nécessité à un entrepreneuriat de valeur, la diversification économique par les territoires, et enfin une gouvernance davantage décentralisée.
L’ensemble s’inscrit dans une architecture plus large, en cohérence avec la Vision Gabon 2050, le Plan national de croissance et de développement 2026-2030, les Objectifs de développement durable et l’Agenda 2063 de l’Union africaine. L’ambition affichée est celle d’un modèle « plus inclusif, résilient et résolument centré sur l’humain ».
Le message porté par ce rapport est résolument optimiste : la croissance macroéconomique, à elle seule, ne saurait suffire. En misant sur un capital humain jeune, mieux formé et davantage enraciné dans les territoires, le Gabon cherche désormais à transformer son potentiel en bien-être durable.

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