Mines d’or au Gabon : l’État reprend la main et retire 71 permis à 48 sociétés

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Après la suspension des activités d’exploitation d’or à petite échelle, décidée le 21 juin dernier par le président de la République, le ministère des Mines a engagé un audit du secteur aurifère. Les premières conclusions de cette opération se traduisent par le retrait de 71 permis sur 118 recensés et par la remise en cause des autorisations détenues par 48 sociétés sur 82. Une opération qui marque une nouvelle étape dans la volonté des autorités de réorganiser une activité particulièrement convoitée.

Le secteur aurifère gabonais entre dans une phase de recomposition. Le 21 juin dernier, à l’issue d’une rencontre avec les responsables du secteur minier, le président de la République a décidé de suspendre l’ensemble des activités liées à l’exploitation de l’or à petite échelle. Une décision qui a ouvert la voie à une opération d’assainissement d’un secteur dont l’organisation et les pratiques nécessitaient, selon les objectifs assignés à la réforme, un examen approfondi.

Dans la foulée de cette suspension, le ministre des Mines a mis en place une commission d’audit composée exclusivement de cadres supérieurs et de conseillers du ministère. Dotée d’une feuille de route et d’une méthodologie de travail préalablement définies, cette instance avait pour mission d’examiner la situation administrative et opérationnelle des acteurs concernés, afin de distinguer les opérateurs en règle de ceux dont la présence dans le secteur ne répondrait pas aux exigences établies.

Au-delà du contrôle des titres miniers, l’exercice poursuivait plusieurs objectifs. Il s’agissait notamment d’identifier et de récupérer les stocks d’or revenant à l’État, mais également de rationaliser l’occupation du domaine minier. Selon les éléments communiqués, les activités d’exploitation aurifère à petite échelle occupaient près de 70 % du périmètre minier concerné. Une concentration qui souligne l’importance stratégique de l’opération engagée par les pouvoirs publics.

Les premières conclusions de l’audit donnent la mesure du chantier. Sur les 118 permis recensés, 71 ont été retirés. Dans le même temps, 48 sociétés sur les 82 identifiées sont concernées par cette opération de retrait.

Ces chiffres traduisent l’ampleur du travail de réexamen entrepris par l’administration minière. Ils témoignent également d’une volonté de revoir les conditions dans lesquelles les droits de recherche et d’exploitation ont été attribués et exercés dans un secteur où les enjeux économiques, environnementaux et financiers sont considérables.

L’exploitation aurifère représente, en effet, bien davantage qu’une simple activité extractive. Elle engage la gestion du patrimoine naturel national, la préservation des recettes publiques et le contrôle des ressources issues du sous-sol. Dans ce contexte, la question de la conformité des opérateurs aux obligations réglementaires constitue un enjeu central pour les autorités.

Le retrait des permis apparaît ainsi comme l’un des premiers instruments mobilisés pour réorganiser le secteur. Mais l’efficacité de cette démarche dépendra aussi de la capacité de l’administration à établir précisément les irrégularités constatées, à garantir la transparence des décisions et à assurer leur application sur le terrain.

La suspension du 21 juin et l’audit qui lui a succédé soulèvent une question fondamentale : celle de la gouvernance de l’or au Gabon. Comment concilier la valorisation d’une ressource stratégique, la protection des intérêts de l’État et l’encadrement rigoureux des opérateurs miniers ?

La récupération des stocks d’or revenant à l’État constitue, à cet égard, un volet particulièrement sensible de l’opération. Elle suppose de pouvoir établir les volumes concernés, d’en déterminer l’origine et de garantir que les quantités dues au Trésor public soient effectivement reversées. Les modalités concrètes de cette récupération, tout comme le bilan financier de l’audit, restent des éléments déterminants pour apprécier la portée de la réforme.

De même, le retrait des autorisations ne saurait, à lui seul, suffire à assainir durablement le secteur. La consolidation du dispositif exigera un suivi des décisions, un contrôle effectif des sites concernés et une clarification des conditions d’accès aux activités aurifères à petite échelle.

Pour les autorités, l’enjeu consiste désormais à transformer cette opération de contrôle en un mécanisme durable de régulation. Cela implique des procédures d’attribution lisibles, des obligations vérifiables et des sanctions appliquées de manière cohérente.

Les premières conclusions de l’audit marquent donc une étape importante dans la reprise en main du secteur aurifère. Avec 71 permis retirés sur 118 et 48 sociétés concernées sur 82, l’État affiche sa volonté de redéfinir les règles du jeu. Reste à savoir si cette opération permettra de faire émerger un secteur mieux encadré, plus transparent et davantage contributeur aux finances publiques.

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