À Libreville, les travaux d’élaboration de la future Stratégie nationale d’intelligence artificielle se sont achevés le 30 septembre. L’administration, la santé, l’éducation et la gestion des ressources naturelles figurent parmi les secteurs identifiés comme prioritaires. Reste désormais à traduire les orientations retenues en mesures concrètes.
Les discussions ont laissé place aux arbitrages. Après trois jours d’ateliers organisés à la Cité de la Démocratie, à Libreville, les travaux consacrés à l’élaboration de la Stratégie nationale d’intelligence artificielle (IA) du Gabon ont pris fin le 30 septembre 2026. L’objectif était de dépasser le constat des transformations induites par cette technologie pour définir les conditions de son intégration dans les politiques publiques et l’économie nationale.
L’exercice aura notamment permis aux participants d’examiner les possibilités offertes par l’intelligence artificielle au regard des réalités du pays. Derrière les perspectives de modernisation se dessinent plusieurs défis : la disponibilité des infrastructures numériques, la formation des compétences locales, l’accès aux données et la nécessité d’encadrer les usages de ces technologies.
Les secteurs retenus reflètent cette volonté de privilégier des applications directement liées aux besoins du pays. La modernisation de l’administration publique, l’amélioration des services de santé et d’éducation, la gestion durable des forêts et des ressources naturelles, ainsi que le développement d’un écosystème numérique favorable aux jeunes talents figurent parmi les domaines prioritaires identifiés.
Pour Libreville, l’ambition affichée consiste à ne pas limiter le pays à la consommation de solutions conçues à l’étranger. Il s’agit également de développer des capacités nationales permettant d’adapter les outils d’intelligence artificielle aux besoins des administrations, des entreprises et des populations.
Cette orientation soulève toutefois des questions déterminantes : comment garantir la protection des données, renforcer les compétences locales et assurer un accès équitable aux nouvelles technologies ? La réponse dépendra notamment des investissements consentis, de la qualité des infrastructures et de la capacité des acteurs publics et privés à travailler de concert.
Au-delà de la dimension technologique, le chantier présente des enjeux économiques et sociaux. L’automatisation de certaines tâches administratives pourrait contribuer à réduire les délais de traitement, tandis que des applications adaptées pourraient soutenir les professionnels de santé, les enseignants et les acteurs de la gestion environnementale. Ces bénéfices restent néanmoins conditionnés à la pertinence des solutions déployées et à leur appropriation par les utilisateurs.
À l’issue des ateliers, une réunion de cadrage s’est tenue avec le ministre de l’Économie numérique, Mark-Alexandre Doumba. Les échanges ont porté sur les prochaines étapes, les modalités pratiques de mise en œuvre et la mobilisation des ressources nécessaires, dans le prolongement des orientations gouvernementales.
Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), partenaire de ce processus, apporte un appui méthodologique et technique à l’élaboration de la stratégie. Cette coopération vise notamment à inscrire la démarche dans une approche attentive aux enjeux de gouvernance, d’éthique et de développement.
La clôture des ateliers marque ainsi une étape dans un processus dont l’aboutissement dépendra désormais de la traduction des priorités en programmes opérationnels. Le calendrier d’exécution, les financements, les responsabilités institutionnelles et les mécanismes d’évaluation seront essentiels pour apprécier les progrès accomplis.
Pour le Gabon, la question n’est donc plus seulement de déterminer la place que l’intelligence artificielle pourrait occuper dans son développement, mais de préciser les moyens de la mettre au service des besoins nationaux.
La stratégie en cours d’élaboration entend fixer ce cap. Sa portée se mesurera, à terme, aux changements effectivement observés dans les services publics, la formation, l’économie et la gestion des ressources naturelles.










