Le judo gabonais franchit une nouvelle étape dans sa structuration. Le 29 mars, une ligue provinciale a été officiellement installée à Lambaréné, dans le Moyen-Ogooué, lors d’une cérémonie organisée dans un hôtel de la ville. L’initiative s’inscrit dans la stratégie de la Fédération gabonaise de judo visant à renforcer l’ancrage local de la discipline et à en élargir l’accès sur l’ensemble du territoire.
À la tête de cette nouvelle entité, Maître Lionel Abib Onouviet, figure reconnue du judo national. Fort d’une expérience acquise tant sur les tatamis gabonais qu’à l’international, il entend impulser une dynamique fondée sur la formation et l’encadrement des jeunes pratiquants. Sa nomination, officialisée par le président de la Fédération, Hugues Désiré Bogui Kouma, illustre la volonté de doter chaque province de relais solides pour accompagner le développement de la discipline.
La direction technique de la ligue est confiée à Maître Kach Nkola Ngwanga, ancienne championne dont le parcours a marqué le judo gabonais des années 1990. Initiée à la discipline en 1991 à Port-Gentil, elle se distingue rapidement en remportant, dès 1994, le titre de championne du Gabon dans la catégorie des moins de 63 kg. Une performance inaugurale qui ouvre la voie à une carrière jalonnée de distinctions, tant sur la scène nationale qu’internationale.
Parallèlement à sa carrière sportive, elle s’engage très tôt dans la formation. En 1998, à Libreville, elle fonde un premier club au collège La Réussite, d’où émergeront plusieurs champions. Installée à Port-Gentil à partir de 2012, elle y multiplie les initiatives en créant plusieurs structures, parmi lesquelles le Judo Club Nkola, le JC CES du Parc et le JC Océan.
De retour à Lambaréné en 2023, elle participe activement, aux côtés de Lionel Abib Onouviet, à la relance du judo local. Ensemble, ils contribuent à la création de cinq clubs, amorçant une implantation progressive de la discipline dans la ville et ses environs. À terme, leurs ambitions s’étendent au-delà du Moyen-Ogooué, avec la perspective de développer des structures jusqu’à Mouila, rattachée à la sous-ligue régionale.
Au-delà de la pratique sportive, Maître Kach Nkola Ngwanga défend une vision élargie du judo, qu’elle envisage comme un vecteur d’inclusion sociale. Elle plaide pour une approche transversale, mêlant sport, éducation et expressions culturelles telles que la musique ou le théâtre. Une manière, selon elle, de faire du judo un espace de cohésion et de transmission des valeurs, bien au-delà des tatamis.
Portée par un bureau mêlant expérience et renouvellement, la ligue du Moyen-Ogooué entend désormais s’imposer comme un levier de relance du judo. À sa tête, un président jeune, appuyé par une direction technique aguerrie, devra transformer cette ambition en résultats concrets sur les tatamis locaux.











