NOUVELLE GABON MINING : 40 GABONAIS SACRIFIÉS, LES EXPATRIÉS ÉPARGNÉS

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Le 3 décembre dernier, un courrier signé par Chandra Singh, administrateur-directeur général de Nouvelle Gabon Mining (NGM), a secoué le personnel : la direction y annonce une restructuration généralisée, assortie d’une liste de 40 salariés en CDI promis au licenciement. Une mesure brutale, adressée aux délégués de l’intersyndicale STNGM–MO–SYNIATEX et à l’administration gabonaise.

Présente au Gabon depuis 2013, NGM exploite le manganèse dans les régions de Franceville et d’Okondja. Mais au lieu de s’attaquer aux véritables poches de gaspillage et aux dysfonctionnements structurels, la direction choisit de s’en prendre aux métiers les plus modestes : mécaniciens, magasiniers, chauffeurs, frigoristes, maçons.

Autant de postes indispensables au fonctionnement de la mine… et dérisoires en termes de coût global.

Dans une entreprise de plus de mille employés, les économies de restructuration se réalisent d’ordinaire par l’analyse des services les plus coûteux, la fusion des unités redondantes, la réduction des échelons hiérarchiques ou encore la rationalisation des directions. Autant d’options que NGM n’a manifestement pas explorées.

Pourquoi licencier 40 Gabonais quand les économies auraient pu être trouvées bien ailleurs ?

Sur le terrain, le constat est partagé :le problème n’est pas le sureffectif, mais une gouvernance déconnectée, dominée par des expatriés qui ne maîtrisent ni les réalités opérationnelles, ni les contraintes locales. Plusieurs cadres, rencontrés au cours de notre enquête, décrivent des responsables incapables d’assurer un pilotage cohérent des unités de production.

Cette décision intervient alors même que le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, appelle publiquement les entreprises à préserver l’emploi gabonais. Pourtant, chez NGM, les postes stratégiques — directeur général adjoint, directeur informatique, responsable QHSE, chef des affaires sociales, responsable projets, juriste, informaticien — restent dominés par les expatriés, tandis que 40 Gabonais s’apprêtent à être remerciés.

Comment justifier une telle incohérence ? Au nom de quelles priorités une entreprise opérant sur le sol gabonais, exploitant les ressources gabonaises et bénéficiant du cadre juridique gabonais, peut-elle décider de sacrifier son personnel local tout en préservant les positions les mieux rémunérées, souvent loin du terrain et de ses réalités ?

La question n’est plus seulement sociale. Elle devient politique: NGM est-elle devenue une zone de non-droit, au-dessus des règles de la Ve République gabonaise ?

Pour l’instant, la direction garde le silence. L’administration aussi. Mais les travailleurs, eux, n’ont plus l’intention de se taire

 

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