Réunis depuis le lundi 20 avril 2026 au Radisson Blu, à Libreville, plus d’une trentaine d’experts et de responsables participent à un atelier d’expertise de deux jours consacré à l’état de la gouvernance en Afrique centrale. Organisée par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), la rencontre vise à produire un rapport stratégique portant sur neuf pays d’une sous-région qui concentre près de 30 % des réserves minérales mondiales connues.
Derrière cette abondance de ressources naturelles, un constat persistant : celui d’un potentiel encore largement inexploité. « Nous nous réunissons aujourd’hui à un moment charnière pour l’Afrique centrale », a déclaré, lors de la cérémonie d’ouverture, la coordonnatrice résidente du système des Nations unies au Gabon, Fatou Aminata Lo Diop. Évoquant « une richesse exceptionnelle en ressources naturelles, un capital humain fort et dynamique ainsi qu’une position géostratégique majeure », elle a souligné le paradoxe d’une région où ces atouts ne se traduisent pas encore pleinement en développement durable.

Au cœur des échanges : la question de la gouvernance comme levier de transformation. Pour Mme Lo Diop, il ne s’agit pas d’un énième diagnostic. « L’ambition est autrement plus stratégique », a-t-elle insisté, en détaillant les objectifs de ce futur rapport : comprendre les dynamiques profondes à l’œuvre, identifier les verrous structurels et, surtout, mettre en lumière des leviers crédibles de transformation, adaptés aux réalités nationales et régionales.
L’enjeu dépasse le cadre académique. Le document attendu se veut un outil d’aide à la décision destiné aux gouvernements, aux institutions régionales, aux partenaires techniques et financiers, mais aussi au secteur privé, à la société civile et aux citoyens. Une approche inclusive, qui reflète la complexité des défis à relever dans une région marquée par des fragilités institutionnelles, mais également par des perspectives de croissance importantes.

Ministre gabonais de la réforme et des relations avec les institutions
Prenant la parole à son tour, le ministre gabonais de la Réforme et des Relations avec les institutions, François Ndong Obiang, a insisté sur la portée politique de l’initiative. « Cet atelier constitue une opportunité stratégique et exceptionnelle », a-t-il affirmé, estimant qu’il permettra d’orienter « de manière concertée et éclairée » la réflexion sur l’avenir de la gouvernance en Afrique centrale. À ses yeux, la démarche doit s’inscrire dans une « dynamique de progrès durable », fondée sur « la rigueur scientifique, la pertinence politique et la légitimité démocratique ».
Au-delà des discours, les participants entendent également explorer des outils opérationnels, notamment en matière de prévention des crises. L’accent est ainsi mis sur les mécanismes d’alerte précoce, dont la diffusion et l’appropriation restent inégales dans la région. Ces dispositifs, encore sous-utilisés, pourraient pourtant constituer un levier décisif pour anticiper les tensions et orienter les politiques publiques.

Dans un contexte international marqué par les recompositions géopolitiques et les exigences croissantes en matière de transparence et de redevabilité, l’Afrique centrale apparaît à la croisée des chemins. L’atelier de Libreville, s’il ne prétend pas résoudre à lui seul des problématiques anciennes, ambitionne au moins de tracer des pistes concrètes pour transformer les ressources en opportunités et les défis en moteurs de réforme.











