L’Institut français de Libreville a vibré, le 20 décembre dernier, au rythme d’un concert à forte charge symbolique. Baptisé Ifumb — « la famille » en langue locale — l’événement a pris des allures de retrouvailles entre les artistes gabonais emblématiques des années 1990 et un public resté fidèle, parfois nostalgique, toujours enthousiaste.
Sur scène, une constellation de figures majeures de cette période a défilé : Baponga, Encha’a, Professeur T, Styve, Latchoo, entre autres. Autant de noms qui ont marqué l’histoire récente de la musique gabonaise et dont les prestations ont rappelé la richesse d’une époque où la scène locale affirmait une identité singulière.
Au fil des performances, artistes et spectateurs ont communié dans une rare synergie, transformant la salle en un espace de mémoire partagée. Les refrains, repris en chœur, ont confirmé une évidence : la musique traverse les générations, résiste au temps et continue de toucher, intacte, les sensibilités.
L’un des moments les plus émouvants de la soirée fut sans conteste la montée sur scène de Styve et Latchoo. Réunis le temps de quelques morceaux, les deux artistes ont replongé le public dans les souvenirs précieux de la période 1995-2005, lorsque leur groupe, alors connu sous le nom de La Funte, faisait vibrer toute une génération. Séparé en 2010, le duo avait laissé un vide chez de nombreux fans. Leur complicité retrouvée, visible et sincère, a rappelé que, malgré des parcours artistiques désormais distincts, le lien demeure intact.
Enfin, une mention particulière revient à l’initiative portée par Gabon Change, représentée par Bung Pinz, dont l’engagement a permis de donner corps à cette soirée de célébration, de transmission et de continuité culturelle.
À travers Ifumb, Libreville a ainsi célébré bien plus qu’un concert : une histoire collective, une mémoire musicale et l’idée, profondément ancrée, que la famille artistique gabonaise ne se dissout jamais vraiment.









