Le 4 octobre 2025, dans une atmosphère empreinte de tension, l’avocat et candidat indépendant Thierry Nguia, tête de liste dans le 2ᵉ arrondissement d’Akanda pour les élections législatives et municipales, a convoqué la presse afin de dresser le bilan du scrutin.
Dès l’ouverture de sa déclaration, le candidat a tenu à remercier les électeurs qui lui ont accordé leur confiance. ” Vous m’avez fait l’immense honneur de recevoir votre confiance par vos votes. Vous avez fait votre part, en exerçant votre devoir citoyen, et je vous en remercie de tout cœur “, a-t-il déclaré.
Thierry Nguia a présenté ce soutien comme le point de départ d’un ” noble combat ” pour l’amélioration des conditions de vie à Akanda et, plus largement, au Gabon. Très vite, le ton de son intervention s’est fait plus ferme. Le candidat a dénoncé ce qu’il qualifie de ” massives irrégularités ” dans le déroulement du scrutin. ” Je dois à la vérité de vous avouer qu’aujourd’hui, je suis incapable de vous dire le nombre exact de voix que j’ai obtenues. Il apparaît que vos votes auraient, en chemin, pris une destination inconnue. Vos bulletins se seraient vu pousser des ailes et seraient partis on ne sait où “, a-t-il lancé, visiblement agacé.
Selon lui, ces irrégularités se manifesteraient par des annulations injustifiées de suffrages et la disparition de votes dans plusieurs bureaux. ” Beaucoup de vos voix ont été annulées de façon fallacieuse, par dizaines, dans plusieurs bureaux de vote. Dans d’autres, mes suffrages ont tout simplement disparu des procès-verbaux “, a-t-il affirmé.
Thierry Nguia a annoncé qu’il saisirait la Cour constitutionnelle dès le lundi 6 octobre pour contester les résultats provisoires.
En homme pondéré, le candidat a également mis en cause le ministère de l’Intérieur et la CNOCER (Commission nationale d’organisation et de coordination des élections et du référendum), qu’il accuse d’entraver la tenue d’élections ” libres, équitables, transparentes et sincères “.
Il a profité de cette déclaration pour rappeler sa conception du rôle de député, qu’il souhaite replacer dans sa dimension institutionnelle. ” Ni bâtisseur de ponts, ni bailleur de fonds, mais législateur et contrôleur de l’action gouvernementale “, a-t-il insisté, appelant à une réorientation des attentes des citoyens envers leurs élus”
Dans l’attente des résultats définitifs et du second tour, l’avocat au barreau du Gabon a réaffirmé sa volonté d’épuiser tous les recours légaux afin de faire reconnaître les voix qu’il estime écartées à tort. ” L’élection doit avant tout être une affaire de citoyens, pas de fonctionnaires aux ordres de l’Exécutif. Seule une autorité réellement indépendante pourra restaurer la confiance et sauver notre démocratie “, a-t-il conclu.
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte de tension croissante autour de la transparence électorale au Gabon, où plusieurs acteurs politiques et observateurs dénoncent déjà des anomalies dans l’organisation des scrutins.












